• " Je me suis dit: voilà, t'es une fille et tu tombes nez à nez avec le type frisé dans le miroir. Comme ça, direct, sans que ça passe par le cerveau, comment tu réagis? Tu peux tomber amoureuse ou tu peux pas? Rien qu'avec l'instinct féminin, sans réfléchir ni passer par la case pitié, oui ou non? Tu vibres ou pas?
    Purée, c'était difficile de me mettre dans la peau d'une fille qui me rencontre, presque impossible de juger de l'extérieur en toute objectivité. Heureusement, j'avais mes Ray-Ban. Le truc d'enfer qui empêche le reste de tomber. Comme le slip de Superman par-dessus son collant.
    A ce moment précis, dans mon bout de station-service, je me suis dit que le seul problème dans l'existence est de savoir si on peut inspirer de l'amour ou non, et que le reste n'a strictement, mais alors vraiment strictement aucune importance. " p.16-17

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  •  *Coup de cœur*

    " Personne ne refusa l'eau et la pâtée grisâtre des sceaux. On mangea goulûment sans hésiter à nous lécher les paumes ou à sucer ce qui pouvait être rester sous nos ongles sales. La mère de Janina somnolait souvent. Pour ma part, bien qu'épuisée, je pouvais à peine dormir. Le fracas et le mouvement du train me tenaient éveillée. Je restais assisse des heures, me demandant où l'on nous emmenait et comment je pourrai avertir Papa. Janina tapota l'épaule du Chauve.
    - J'ai entendu dire que vous étiez juif, demanda-t-elle.
    - C'est ce que tu as entendu dire, hein?
    - Est-ce que c'est vrai?
    - Oui. Et moi j'ai entendu dire que tu étais une petite morveuse. C'est vrai?
    Janina s'interrompit un instant pour réfléchir.
    - Non, je ne crois pas. Maman m'a dit qu'Hitler et les nazis pourraient bien tuer les Juifs, un jour. Vous saviez ça?
    - Ta mère se trompe. Hitler est en train d'assassiner les Juifs.
    - Mais pourquoi? demanda Jonas.
    - Hitler est persuadé que la pureté raciale est la meilleure réponse qui soit à tous les problèmes de l'Allemagne, expliqua le Chauve. Il a donc fait des Juifs son bouc émissaire. Mais cette affaire est trop compliquée pour les enfants.
    - Est-ce à cause de ça que vous êtes avec nous plutôt qu'avec les nazis? demanda encore Jonas.
    - Tu crois peut-être que j'ai eu le choix? Que ce soit sous le règne de Staline ou sous le règne d'Hitler, cette guerre nous anéantira tous. La Lituanie est prise au piège -coincée entre deux tyrans. Vous avez entendu l'homme de Kalmanka tout à l'heure. Les Japonais ont bombardé Pearl Harbor. Il se peut que les États-Unis se soient déjà alliés avec les Soviétiques. Assez parlé. A présent, silence!
    - Nous allons en Amérique, déclara le Rabâcheur. En Amérique. " p.312-313

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  •  " J'avais l'impression que c'était mon premier jour: des adultes qui sursautaient en me croisant dans l'escalier. Enfin, ce n'est pas que ça me dérange tant de voir la réaction des gens. Je vous l'ai déjà dit un milliard de fois, je suis habitué maintenant. Je ne les laisse pas me perturber. C'est comme quand vous sortez et qu'il pleuvote. Vous n'enfilez pas des bottes pour si peu. Vous n'ouvrez même pas votre parapluie. Vous traversez l'averse en vous rendant à peine compte que vos cheveux sont mouillés. Mais quand on parle d'un gymnase pleins de parents, là, cette petite pluie se transforme en tempête. Chaque regard vous frappe comme une bourrasque. " p.270

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  • "- Arpius, je te prie de me dire ce que tu penses de mon cousin Guerolf.
    - Soit. Eh bien, je pense que si la jalousie se pesait en kilos, son cheval s'écroulerait sous lui.
    - Sans doute, mais de là à me faire tuer, il y a...
    - Il vous étriperait avec autant de regret que j'en ai à vider un poulet.
    - Tu exagères.
    - Vous avez raison, je n'aime pas vider les poulets. [...] Alors que rien ne l'annonce, on devine que quelque chose de terrible se prépare. Quelque chose qui concerne la vie et la mort" p.63

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  • " Pollution, surpopulation, chômage... San Luis Potosi souffrait des mêmes maux que le reste du Mexique. Les gouvernements qui s'étaient succédé à la tête de l’État avaient montré la même incurie, quel que fût leur bord. Le voisin nord-américain, au contraire, continuait d'exhiber son insolente bonne santé économique, son statut de leader des nations industrialisées.
    Et maintenant, il y avait le mur, vécu par le commun des Mexicains comme une suprême insulte.
    Chacun chez soi, et les vaches seront bien gardées, [...]. Une vrai mentalité de cow-boy." p.30

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  • " Stambek rigole et nous progressons gaiement dans les entrailles coupantes de la montagne. C'est un bon camarade. Dommage que je sois trop fatigué le soir pour jouer avec lui... La pure vérité, c'est que je regrette le temps où je cavalais dans les escaliers avec Baksa, Emil et les autres. Mais voilà, la vie passe et il faut être grand." p.66

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  • " Liz se rappelait être arrivée au carrefour près de la galerie marchande, face aux râteliers à vélos installés de l'autre côté de la rue. Surgissant de nulle part, un taxi avait foncé sur elle à toute allure.
    Elle se rappelle avoir eu l'impression de voler dans les airs, durant ce qui lui avait semblé une éternité. Elle se rappelle s'être sentie intrépide, heureuse et comdamnée, tout cela à la fois. Elle se rappelle avoir pensé: J'ai triomphé de la pesanteur." p. 31

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