• " - Merci, Lionel, tu es sympa.
    Sans dire un mot, elle pose alors sa petite tête sur mon épaule. Ses cheveux sentent toujours autant l'abricot, malgré nos récentes cavalcades. [...] Cette histoire va très mal finir pour moi, je le sens. Très mal finir. Je sais que mon destin de chic type est en  train de se mettre en marche sans que je ne puisse rien faire pour arrêter la cruelle roue de la fatalité." p.126

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  • " La pluie tombait dru. Aucun parapluie ne la protégeait. Elle se retourna. La grande silhouette dégingandée de son père n'était pas là.
    Elle était seule. Ou plutôt effacée.
    "Ta vie d'avant n'a plus aucune valeur. N'y pense plus. Ne te laisse pas submerger par une quelconque nostalgie." " p.141

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  • "[...] elle sentait que le moment était venu pour elle de sortir de cet isolement, de ce carcan qui la maintenait à l'écart. Elle était fin prête à faire des efforts de sociabilité. C'était maintenant ou jamais." p.8

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  • " Je me doute déjà que je vais être la Tasty Bar ratée dans cette boîte de super filles au chocolat. Youpi." p.37

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  • " Elle savait qu'elle était renfermée. Qu'elle avait du mal à se lier avec les gens. Elle avait toujours l'impression que son apparence était un leurre, qu'elle lançait vers les autres un pont qu'elle ne pouvait traverser" p.55

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  • " Je me suis dit: voilà, t'es une fille et tu tombes nez à nez avec le type frisé dans le miroir. Comme ça, direct, sans que ça passe par le cerveau, comment tu réagis? Tu peux tomber amoureuse ou tu peux pas? Rien qu'avec l'instinct féminin, sans réfléchir ni passer par la case pitié, oui ou non? Tu vibres ou pas?
    Purée, c'était difficile de me mettre dans la peau d'une fille qui me rencontre, presque impossible de juger de l'extérieur en toute objectivité. Heureusement, j'avais mes Ray-Ban. Le truc d'enfer qui empêche le reste de tomber. Comme le slip de Superman par-dessus son collant.
    A ce moment précis, dans mon bout de station-service, je me suis dit que le seul problème dans l'existence est de savoir si on peut inspirer de l'amour ou non, et que le reste n'a strictement, mais alors vraiment strictement aucune importance. " p.16-17

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  •  *Coup de cœur*

    " Personne ne refusa l'eau et la pâtée grisâtre des sceaux. On mangea goulûment sans hésiter à nous lécher les paumes ou à sucer ce qui pouvait être rester sous nos ongles sales. La mère de Janina somnolait souvent. Pour ma part, bien qu'épuisée, je pouvais à peine dormir. Le fracas et le mouvement du train me tenaient éveillée. Je restais assisse des heures, me demandant où l'on nous emmenait et comment je pourrai avertir Papa. Janina tapota l'épaule du Chauve.
    - J'ai entendu dire que vous étiez juif, demanda-t-elle.
    - C'est ce que tu as entendu dire, hein?
    - Est-ce que c'est vrai?
    - Oui. Et moi j'ai entendu dire que tu étais une petite morveuse. C'est vrai?
    Janina s'interrompit un instant pour réfléchir.
    - Non, je ne crois pas. Maman m'a dit qu'Hitler et les nazis pourraient bien tuer les Juifs, un jour. Vous saviez ça?
    - Ta mère se trompe. Hitler est en train d'assassiner les Juifs.
    - Mais pourquoi? demanda Jonas.
    - Hitler est persuadé que la pureté raciale est la meilleure réponse qui soit à tous les problèmes de l'Allemagne, expliqua le Chauve. Il a donc fait des Juifs son bouc émissaire. Mais cette affaire est trop compliquée pour les enfants.
    - Est-ce à cause de ça que vous êtes avec nous plutôt qu'avec les nazis? demanda encore Jonas.
    - Tu crois peut-être que j'ai eu le choix? Que ce soit sous le règne de Staline ou sous le règne d'Hitler, cette guerre nous anéantira tous. La Lituanie est prise au piège -coincée entre deux tyrans. Vous avez entendu l'homme de Kalmanka tout à l'heure. Les Japonais ont bombardé Pearl Harbor. Il se peut que les États-Unis se soient déjà alliés avec les Soviétiques. Assez parlé. A présent, silence!
    - Nous allons en Amérique, déclara le Rabâcheur. En Amérique. " p.312-313

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